Un noir de lune pour Alice Sebold

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Vous aviez peut-être lu son ouvrage la Nostalgie de l’ange, sorti chez Nil éditions en 2003. La Californienne nous propose ici un roman très particulier, en effet du début du chapitre premier à sa fin, on apprend que son héroïne Helen Knightly a tué sa mère et comment.

Mais l’intérêt du reste de cet ouvrage réside dans la psychologie de cette meurtrière, de sa capacité à intégrer ce qu’elle a fait, pourquoi elle l’a fait et surtout comment vivre avec.

Quand l’impossible est atteint, il reste à en prendre la mesure. Helen ne cherche pas à fuir sa responsabilité, elle cherche à la comprendre. Elle fait le lien avec sa vie, son divorce, le suicide de son père, et cette mère qu’elle aime, qu’elle a aimée et qu’elle a tuée.

On cherche avec elle,  le sens de ce meurtre, car avec lui c’est le sens d’une existence qui se révèle. L’enfant matricide, le fantasme de l’Electre réalisé, et l’on comprend bien que selon l’expression de Georges Politzer dans sa critique des fondements de la psychologie, le complexte d’Oedipe (même inversé) est avant tout « un schéma dramatique ». Si Electre tue sa mère c’est pour venger son père, Helen tue sa mère car au fond, elle n’a pas su sauver son père, comme cet enfant qu’elle a laissé mourir sans un mot, sans un geste devant sa porte.

Je vous recommande ce livre qui nous ouvre les arcanes de l’âme et nous invite à nous perdre dans ses labyrinthes.

 


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