Mes conseils en Philosophie

Lien vers le programme officiel de philosophie en classe de Terminale :

https://eduscol.education.fr/cid144166/philosophie-bac-2021.html

 

L’explication de texte en Philosophie


Vous devez « Expliquer le texte suivant« . « La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise« , donc il faut prendre le texte dans son unité et sa cohérence afin de souligner sa pertinence et son intérêt. « Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question« . Il s’agit de faire une lecture philosophique, c’est à dire argumentée et critique du texte.

Si l’on peut se référer à la philosophie de l’auteur et à l’histoire de la philosophie, il faut garder en tête que ce qui importe c’est de rendre fidèlement compte des arguments présentés et de leur logique…

Un seul véritable interdit… la paraphrase.

L’analyse du texte doit être l’occasion de mettre en oeuvre la réflexion méthodique et critique qui fait la spécificité de l’exercice philosophique.


Objectifs de l’explication en philosophie


1)Saisir l’altérité (ce qui fait la différence) d’une pensée, en éprouver à la fois la cohérence, la fécondité et l’originalité.

2)Saisir l’universalité, ce qui valide les thèses proposées.

3)Saisir la dialectique interne de la pensée, son organisation.


Commenter ce n’est pas seulement comprendre, mais surtout démontrer sa compréhension au lecteur.

Trois moments.

Trouver le problème central, analyser la réalité de sa mise en oeuvre (la problématique de l’auteur est la tentative de résolution d’une difficulté, enfin reconstruire la logique du raisonnement.

Expliquer c’est répondre à deux questions principales, à la fois ce que veut dire l’auteur et les raisons qui déterminent son jugement. La thèse de l’auteur est une réponse à une question préalable, qu’il convient de reformuler.


La forme de l’explication


Une introduction, en trois étapes:

1)L’idée générale (Quoi ? cad la thèse…)

2)Le problème philosophique auquel elle correspond, et de façon plus générale le thème (Pourquoi ce texte ?).

3)La structure du texte, avec les idées essentielles qui permettent le développement de la pensée. Le découpage logique du texte et son argumentation générale, sa dynamique ( Comment ?).


Une explication qui doit comporter de façon simultanée ou successive :

Une analyse (interne). C’est un développement qui doit suivre la structure dégagée en introduction qui correspond à la compréhension du texte et seulement du texte, son argumentation, les structures logiques, la mise en avant des arguments, des thèses de l’auteur….

Une critique (externe). Au sens d’une synthèse philosophique qui permet de juger la valeur du raisonnement étudié‚ et la mise en place d’un prolongement d’une opposition à la problématique de l’auteur, soit dans sa contradiction, soit dans son enrichissement.

Il convient de reprendre certains concepts ou certaines formules du texte et de les intégrer à votre propre rédaction.


Une conclusion, en trois étapes:

1)Rappel de l’intérêt philosophique, sans se répéter mais de façon synthétique.

2)Estimation de la valeur logique et philosophique de la réponse apportée.

3)Devenir du problème précis étudié, dans l’histoire de la philosophie ou de façon plus générale votre réponse ou votre impossibilité de répondre aux difficultés déterminées par l’examen critique.


La conclusion devra être concise et dense, mais montrer avec évidence et clarté les enjeux philosophiques et les implications logiques, inhérents au texte proposé. Elle ne doit pas comporter d’élément nouveau, ni de changement d’analyse, logiquement elle ne peut s’achever par une question. Par contre on peut souligner ce qui fait la difficulté du texte et souligner la logique d’engagement de votre explication.

Explication de texte en série technologique

 

Le troisième sujet (les deux premiers sont des sujets de dissertation) vous propose une explication de texte.

 

            Dans votre série, le texte est accompagné de questions  qui vous guident dans l’étude du texte ; soit vous répondez aux questions dans l’ordre (option1) soit vous proposez un développement libre, en vous aidant des questions (option2).

           

            Au début de votre copie, vous précisez votre choix : Option 1 ou Option 2

 

            Rédaction de la copie

Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte.

Il peut :

– soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1)

– soit suivre le développement de son choix (option n°2).

 

Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.

L’auteur du texte est au programme, mais l’étude du texte ne nécessite pas la connaissance préalable de la vie ou des idées de l’auteur. Vous pouvez n’avoir jamais entendu parler de lui et réussir votre travail.

 

Les questions sont de trois types :

 

Analyse : Très près du texte (vision microscopique), il faut expliquer des points importants, mots, expressions, éléments d’articulations).

 

Synthèse : Un peu plus en retrait ( vision macroscopique), il s’agit de formuler l’idée principale de l’extrait et la structure globale, en identifiant bien le problème soulevé.

 

Commentaire : Ici, on vous invite à réfléchir à l’un des problèmes engagés par l’auteur.

 

Pour vous donnez une illustration et une possibilité d’entraînement :

 

Sujet de juin 2021

 

Sujet

Expliquez le texte suivant :

 

Si au moins nous pouvions découvrir chez nous ou chez nos semblables une activité apparentée d’une manière ou d’une autre à ce que fait le poète ! L’investigation de celle-ci nous permettrait d’espérer acquérir un premier éclaircissement sur l’activité créatrice du poète. Et effectivement, une telle perspective existe – les poètes euxmêmes d’ailleurs aiment à réduire l’écart entre leur particularité et l’essence humaine en général ; ils nous assurent si fréquemment qu’en tout homme se cache un poète et que le dernier poète ne mourra qu’avec le dernier homme. Ne devrions-nous pas chercher déjà chez l’enfant les premières traces d’une activité poétique ? L’occupation la plus chère et la plus intense de l’enfant est le jeu. Peut-être sommes-nous en droit de dire : tout enfant qui joue se comporte comme un poète en tant qu’il se crée son propre monde ou, pour parler plus exactement, transporte les choses de son monde dans un ordre nouveau à sa convenance. Ce serait un tort de croire qu’il ne prend pas ce monde au sérieux, au contraire, il prend son jeu très au sérieux, il s’y investit beaucoup affectivement. Le contraire du jeu n’est pas le sérieux, mais la réalité. En dépit de son investissement affectif, l’enfant distingue fort bien son monde de jeu de la réalité, et il étaye1 volontiers les objets et les circonstances qu’il a imaginés sur des choses palpables et visibles du monde réel. Rien d’autre que cet étayage ne distingue encore l’« activité de jeu » de l’enfant de l’« activité imaginaire ». Or le poète fait la même chose que l’enfant qui joue ; il crée un monde imaginaire qu’il prend très au sérieux, c’est-à-dire qu’il l’investit affectivement tout en le séparant strictement de la réalité.

 

FREUD, Le poète et l’activité de fantaisie (1907 )

 

 

 

Questions de l’option n°1

            A. Éléments d’analyse

 

1.         Expliquez l’expression « en tout homme se cache un poète ». Cela correspond-il à l’idée que nous nous faisons ordinairement de l’artiste ?

 2.        Quelles sont d’après le texte les caractéristiques du jeu de l’enfant ? En quoi ressemble-t-il à l’activité du poète ?

3.         En quel sens peut-on dire qu’un poète, et plus généralement qu’un artiste, crée son propre monde ?

           

            B. Éléments de synthèse

 

1.         Quelle est la question à laquelle l’auteur tente ici de répondre ?

2.         Dégagez les différents moments de l’argumentation.

3.         En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte

           

            C. Commentaire

 

1.         Pourquoi le contraire du jeu n’est-il pas le sérieux, mais la réalité ?

2.         Quel sens donner, à partir de ce texte, à l’idée d’un travail artistique

 

 

Objectifs de l’explication en philosophie,

 

1)Saisir l’altérité (ce qui fait la différence) d’une pensée, en éprouver à la fois la cohérence, la fécondité et l’originalité.

2)Saisir l’universalité, ce qui valide les thèses proposées.

3)Saisir la dialectique interne de la pensée, son organisation.

 

Commenter ce n’est pas seulement comprendre, mais surtout démontrer sa compréhension au lecteur.

 

Trois moments :

 

Trouver le problème central, analyser la réalité de sa mise en oeuvre (la problématique de l’auteur est la tentative de résolution d’une difficulté, enfin reconstruire la logique du raisonnement.

Expliquer c’est répondre à deux questions principales, à la fois ce que veut dire l’auteur et les raisons qui déterminent son jugement. La thèse de l’auteur est une réponse à une question préalable, qu’il convient de reformuler.

 

La forme de l’explication, surtout si vous choisissez l’option 2, c’est à dire le développement libre.

 

Une introduction, en trois étapes:

1)L’idée générale (Quoi ? cad la thèse…)

2)Le problème philosophique auquel elle correspond, et de façon plus générale le thème (Pourquoi ce texte ?).

3)La structure du texte, avec les idées essentielles qui permettent le développement de la pensée. Le découpage logique du texte et son argumentation générale, sa dynamique ( Comment ?).

 

Une explication qui doit comporter de façon simultanée ou successive :

Une analyse (interne). C’est un développement qui doit suivre la structure dégagée en introduction qui correspond à la compréhension du texte et seulement du texte, son argumentation, les structures logiques, la mise en avant des arguments, des thèses de l’auteur….

Une critique (externe). Au sens d’une synthèse philosophique qui permet de juger la valeur du raisonnement étudié‚ et la mise en place d’un prolongement d’une opposition à la problématique de l’auteur, soit dans sa contradiction, soit dans son enrichissement.

Il convient de reprendre certains concepts ou certaines formules du texte et de les intégrer à votre propre rédaction.

 

Une conclusion, en trois étapes:

1)Rappel de l’intérêt philosophique, sans se répéter mais de façon synthétique.

2)Estimation de la valeur logique et philosophique de la réponse apportée.

3)Devenir du problème précis étudié, dans l’histoire de la philosophie (si vous le pouvez) ou de façon plus générale, vous pouvez mettre en valeur ce qui a été compris de la démarche de l’auteur et des acquis de la réflexion.

 

La conclusion devra être concise et dense, mais montrer avec évidence et clarté les enjeux philosophiques et les implications logiques, inhérents au texte proposé. Elle ne doit pas comporter d’élément nouveau, ni de changement d’analyse, logiquement elle ne peut s’achever par une question. Par contre on peut souligner ce qui fait la difficulté du texte et souligner la logique d’engagement de votre explication.

 

 

Les 4 Interdits de l ‘explication de Texte

 

1)                 Se Focaliser sur un passage et délaisser tout le reste

2)                 Faire une dissertation avec un élément du texte

3)                 Délaisser les exemples du texte

4)                 Paraphraser le texte

 

 

La Dissertation

La Dissertation en Philosophie

C’est l’exercice type de la pensée à l’oeuvre,il doit être la synthèse d’un savoir et d’une autonomie de la pensée!

Ne négligez pas le style, l’orthographe, la syntaxe… Vous avez toute l’année pour donner du rythme à l’écriture, il faut écrire le plus souvent possible, pour un oui voire pour un non (penser c’est dire non !)

Conseils à mettre en pratique

Introduction et conclusion doivent être équilibrées. Le développement n’aura de valeur, de qualité, de légitimité‚ qu’en référence à la nécessité de vos arguments. Allez du plus simple au plus complexe. Les différentes parties sont ordonnées autour de paragraphes distincts qui obéissent à la règle;

Une idée = un paragraphe !

Mais une phrase ne peut constituer un paragraphe.

Evitez les citations décoratives, inutiles, inexploitées, illégitimes. Soyez humble !

Illustrez vos arguments, mais un exemple n’est pas un argument.

Ce n’est pas une question de cours, il ne faut donc pas chercher à réciter, ou à replacer systématiquement et aveuglément les connaissances acquises pendant l’année.

Il s’agit prioritairement de penser un problème philosophique, or, cette pensée sera d’autant plus riche et légitime qu’elle pourra s’appuyer sur des références précises et utiles, que vous puiserez dans le travail de l’année, mais aussi dans la globalité et la richesse de votre culture.

Disserter c’est interroger!

Il faut bien penser ce qu’on écrit et bien écrire ce qu’on pense.

La première démarche est fondamentale, elle est ce qui engage votre analyse. Elle doit consister à comprendre le sujet, dans sa singularité, sa relativié‚ sa spécificité et sa rigueur. Chaque mot a un sens, mais le sujet est souvent une association de plusieurs concepts… il faut donc prendre le sujet dans sa globalité ! Ainsi, Faut-il rechercher le bonheur, n’a pas le sens de Doit-on… ou de Peut-on… Il ne faut donc pas hésiter à opérer des analyses conceptuelles afin de montrer l’ampleur, la valeur des termes utilisés et évaluer de cette façon le sens et la portée du sujet. Ce travail vous permet de formuler une décision philosophique face au sujet.

Enfin, vous devez construire un plan qui sera la trame de votre copie. N’écrivez pas tout au brouillon, celui-ci vous sert de pense-pas-bête. Par contre l’introduction et la conclusion peuvent être rédigées complétement.

Etapes de la rédaction

 

L’introduction (20′)

Elle présente votre devoir au lecteur et subordonne votre analyse, elle est donc fondamentale!

Elle pose le problème en prenant en compte le sujet, c’est à dire en questionnant son sens et en privilégiant un problème particulier. Car la simple reprise du sujet ne constitue pas une problématique ( qui intègre le problème que pose le sujet et la résolution que l’on tente, c’est la capacité à interroger). Celle-ci peut commencer par un élément significatif, mais elle doit absolument présenter les enjeux de la réflexion. Elle doit éveiller l’intérêt du lecteur, lui donner l’envie de poursuivre, mais aussi, elle ne doit pas tout dire, c’est à dire vendre la mèche totalement ! Il faut trouver un juste milieu entre trop en dire et ne rien dire ! L’introduction ne doit certes pas répondre au sujet mais présenter ses enjeux et l’horizon de votre réponse. L’introduction doit interroger le sujet, mais sans multiplier les questions et donc les pistes.

La mise en situation du sujet permet la mise en route de la réflexion ; elle autorise un passage progressif du concret à l’abstrait. Celle-ci sera de préférence littéraire mais elle peut aussi s’ancrer dans l’histoire ou le quotidien.

 

Le développement (120′)

Spécifique (en adéquation précise avec le sujet), Organique (organisé avec méthode) et Critique (c’est à dire argumentatif)

Il est possible de le construire selon un plan dialectique, où l’on progresse en surmontant les contradictions, ce qui renvoie au mouvement naturel de la pensée.

Attention à la caricature d’une pensée mécanique. Un graffiti du mur de Berlin permettait d’en constater le ridicule :

« To do is to be »(Platon), « To be is to do »(Marx), synthèse… « Dobedobee » (F. Sinatra)…

La démarche générale passe par une investigation qui unit recherches conceptuelles, analogies, contradictions, paradoxes, en vue d’une argumentation qui par critiques successives doit s’équilibrer au sein d’une pensée rationnelle et authentique, née de la proposition initiale du libellé.

Il peut suivre également une exploration progressive des notions engagées par le sujet, en partant de l’évidence et en s’élevant à l’universel, du sens commun à une définition plus précise répondant au sujet. Il s’agit d’une saisie par étapes qui ne doit pas négliger le sens précis du sujet.

Allez à la ligne après chaque étape, soignez les transitions car elles montrent la cohérence de votre réflexion.

 

La conclusion (20′ 1/2 page)

Elle présente la réponse au problème pos‚ dans l’introduction, elle peut aussi de façon synthétique et nouvelle retracer le parcours de la pensée, afin de montrer comment le sujet a été traité.

Conclure c’est apporter une réponse !

Montrez à votre lecteur que le travail est terminé et qu’il a été efficace. Utilisez une formule comme Donc, Aussi, Ainsi, Par conséquent… et réservez du temps pour ce moment important de votre travail.

N’oubliez pas de conserver du temps pour la relecture de votre copie 10 minutes au moins!

La Philosophie se pose des problèmes, alors que nous avons l’habitude de simplement les rencontrer au quotidien. Il faut donc toujours s’assurer de la signification et de la légitimité du sujet proposé.

 

Sartre disait; « Penser, c’est penser problème ».