Things we lost in the fire !
Nos Souvenirs brûlés
Film américain de 2007.
Une catharsis en duo !
La mort de Brian n’est pas accidentelle du tout. Il est tué par un mari décidé à en finir avec la vie, celle de son épouse, la sienne mais aussi celle de ceux qui voudraient s’y opposer. Brian a fait son devoir d’homme, de citoyen, mais il ne savait pas qu’aider une femme battue, pouvait le conduire loin de la femme de sa vie et de ses enfants.
Jerry est prévenu de sa mort, mais il le sait, sa vie ne vaudra jamais celle de son ami d’enfance, son seul ami, celui qui ne l’a jamais laissé tomber. La drogue est son quotidien et l’amitié de Brian était sa seule lumière, même si elle ne pouvait le mener à la surface de son existence. La détresse de Jerry est douloureuse, elle est un gouffre dans lequel il voudra se jeter. D’ailleurs quand un des enfants de Brian, lui demande s’il va mourir comme son père, il répond « le plus tôt possible »!
Audrey n’accueille pas Jerry chez lui par pitié. Elle rend hommage à l’amitié de son mari pour cet homme (si peu féquentable à son goût) et elle prolonge un peu plus encore cette vie morte. Comme elle le fait avec les objets (le bureau, l’ordinateur) avec les enfants (le petit dernier doit continuer à avoir peur de l’eau comme du temps de son père) et même avec sa sensualité (jusqu’à demander à Jerry de prendre la place de son ami dans le lit conjugal, pour répéter les gestes du passé).
Jerry est donc d’abord ce qui maintient Brian en vie..mais il est aussi ce qui fait qu’ Audrey ne peut faire son deuil et reprendre le cours de sa vie. Jerry de son côté comprend qu’il n’a pas à être à la hauteur de son ami mais simplement s’accepter lui-même. Faire face à sa vie vivante de malade, et choisir de se donner un avenir.
L’amie « dépendante » au cours d’un repas montre symboliquement que le temps n’est pas suspendu et que Brian n’est ni sacré, ni tabou. Il est mort et nous devons nous rappeler de lui vivant. Ne pas pleurer celui que l’on perd, mais se réjouir de l’avoir connu.
Ce film traite de façon intelligente du deuil et du refus d’exister. La mort n’existe pas pour les vivants, ils doivent faire face au temps. Le temps déborde dit Eluard à Nush, il faut en faire quelque chose ou renoncer. Faire son deuil c’est surtout s’accepter sans l’autre !
Le titre fait référence à un incendie qui a détruit des biens sentimentaux dans le garage, mais qui n’a pas touché l’essentiel, à savoir les personnes. Ainsi en dépit de la mort de Brian, il reste l’essentiel, sa femme, ses enfants et son ami, pour la vie.
Si vous aimez pleurer sainement devant la télé, ce film est pour vous…
Réalisateur : Susanne Bier
Audrey (Halle Berry), Brian (David Duchovny), Jerry (Benicio del Toro)


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