Les fleurs
La beauté est indicible, presque ineffable. Pourquoi et comment mettre en mots une réalité qui vaut par elle-même, qui n’a pas besoin de nous, de notre regard pour exister. Ainsi devant l’expérience esthétique, chacun cherchant à en rendre compte, s’en éloigne nécessairement, inéluctablement.
Si la beauté touche les sens au cœur de l’être, le beau lui (davantage culturel) rencontre l’esprit. On peut définir, codifier le beau, il est culturel, mais la beauté est insaisissable, ce serait vouloir toucher les cornes de l’escargot.
C’est ce que je croyais, jusqu’à la chanson de Clara Luciani, les Fleurs.
Si vous l’écoutez attentivement, vous ferez comme moi l’expérience troublante d’une évidence muette, d’une vérité précieuse. Elle met en mots, en musique, en bouche, le percept de l’émotion esthétique, elle parvient à nous le faire partager, à le faire « vibre » comme personne.
Envier la beauté muette des fleurs, car nous cherchons vainement le salut, le sauvetage de l’instant, mission impossible, sinon par la poésie, mais au prix du sens.
Avec Clara, c’est la vie silencieuse de la « Nature morte » qui nous montre le chemin d’une plénitude qui emporte avec elle notre inquiétude ontologique.
Merci pour ces moments magiques répétés à l’envi !

Laisser un commentaire