L’amour sans amour ou la prostitution comme un mal contingent!

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L’amour sans amour,

C’est ainsi que l’on peut définir la prostitution.

Les péripatéticiens et les péripatéticiennes : Aristote et ses disciples aimaient philosopher en marchant.
Les prostitués marchent pour passer le temps en attendant une passe.
Les mots ne manquent pas pour ce mal :
Pute, putain, prostituée, putasse, talonneur, talonneuse, coureuse, femme de petite vertu, fille de joie, péripatéticienne, prostituée, bagasse, catin, goton, gueuse, marie-couche-toi-là , morue, pouffiasse, poufiasse, poule, professionnelle, prostipute, ribaude, roulure, traînée…

« La prostituée est un bouc émissaire; l’homme se délivre sur elle de sa turpitude et il la renie. Qu’un statut légal la mette sous une surveillance policière ou qu’elle travaille dans la clandestinité, elle est en tout cas traitée en paria. » Dixit Simone de Beauvoir, le castor de Sartre.

J’entends que l’on veut pénaliser les clients, je suis d’accord pour, comme en Suède, une amende proportionnelle au salaire. Car selon moi, on ne peut considérer la prostitution comme un métier. Une femme (ou un homme) n’est pas un objet dont on dispose pour satisfaire une impérieuse pulsion. Je n’entends pas les prostitués heureux qui défendent leur travail, moi je défends leur honneur. Et leur dignité. Qui peut être fier d’avoir consommé une femme ou un homme. On me dira que toute relation (clin d’œil à Nico) est marquée par une soumission sociale ou culturelle, certes, mais elle ne se fait pas dans un désert affectif.
Je ne cautionne pas l’idée de la prostitution comme moindre mal. Le moindre mâle qui se respecte devrait réfléchir à ce qu’il fait subir à l’autre sous prétexte d’hygiène. C’est donc un mal contingent!
Je soutiens Roselyne Bachelot dans son initiative.
Elle dit dans ‘Le Parisien’ : « Je suis favorable à la pénalisation des clients. Il faut les punir ! » (…) « La prostitution est la violence faite aux femmes la plus ancestrale » (…) « Il faut faire comprendre aux hommes qu’avoir recours à la prostitution, c’est entretenir la traite des êtres humains » (…) »la prostitution n’est jamais volontaire », elles sont « d’abord des victimes ».


Une réponse à « L’amour sans amour ou la prostitution comme un mal contingent! »

  1. Bonsoir Frédéric,

    D’accord avec toi dans les grandes lignes, et première chose à faire, : libérer l’amour libre pour éviter la misère sexuelle, en finir avec la morale à deux balles qui pèse tant sur les femmes, héritage du religieux qui leur interdit presque la jouissance finalement, symboliquement… aux hommes aussi d’ailleurs.
    Lorsque les êtres humains seront enfin décillés sur les exactions des pouvoirs temporels religieux, ils seront libérés d’un grand poids et ne se reconnaîtront pas, tant il s’agit de préceptes inhumains.
    J’adore à ce titre le Supplément au voyage de Bougainville de Denis Diderot ( qui n’est pas classé parmi les philosophes mais qui en a pour moi toute la profondeur), petit chef d’oeuvre d’humour et d’humanité…

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