Peut-on faire le bonheur des autres ?
Quand on regarde la Sainte famille peinte par Michel-Ange au début du XVI ème siècle pour la famille Doni (le Tondo Doni ou la Sainte famille à la tribune) on découvre une image céleste du bonheur, à la fois tendre et tendue, d’une tragique responsabilité. Mais celui-ci n’est pas à imiter, il est à vivre. Car mon bonheur n’appartient qu’à moi et ne saurait se découvrir dans un quelconque modèle ou dans une recette universelle.
On se souvient qu’Alain dans ses propos sur le bonheur nous disait du père de David qu’il ne s’était pas mis à peindre « parce qu’il avait toutes ces figures dans la tête » mais qu’il s’était mis à peindre et alors « les figures se montrèrent ».
Il ne faut donc pas chercher le bonheur, encore moins chercher à faire le bonheur d’autrui, il faut trouver le bonheur, plutôt l’accueillir et le vivre et ainsi offrir son bonheur aux autres comme preuve d’humanité.
Si en substance, on peut toujours vouloir faire le bonheur des autres, à la fois dans l’horizon social et intime. Mais, même si nous y parvenons, ce bonheur sera problématique, car il n’appartiendra pas à la personne elle-même, il lui restera étranger. Il n’y a de bonheur que dans l’autonomie de la volonté!
Aussi, je me dois d’être heureux et de ne pas confier mon bonheur à autrui, même s’il est vrai qu’il vaut mieux selon la formule du Comte de Busset « mettre son bonheur dans le bonheur d’un autre » que vouloir faire le bonheur de l’autre.
Au final la leçon d’Alain nous renseigne sur le bonheur que l’on se doit afin de rendre heureux les autres, « ce que nous pouvons faire de mieux, pour ceux qui nous aiment, c’est encore d’être heureux ».

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