Le racisme ordinaire, la banalité du mal !
Le dimanche 4 octobre, le Paris Foot Gay devait jouer un match de coupe officiel, organisé par la Commission Football Loisirs (CFL), face à eux les joueurs de Créteil Bébel
Le club de foot Créteil Bébel a refusé de disputer un match contre le Paris Foot Gay. Voici le texte reçu par le PFG :
« Désolé mais, par rapport au nom de votre équipe et conformément aux principes de notre équipe, qui est une équipe de musulmans pratiquants, nous ne pouvons jouer contre vous, nos convictions sont de loin plus importantes qu’un simple match de foot, encore une fois, excusez-nous de vous avoir prévenu si tard« .
Un des responsables du Créteil Bébel, Zahir Belgarbi, disait même sur France Bleu : »Moi en tant que musulman, j’ai quand le même le droit de ne pas vouloir jouer contre des homosexuels parce que je n’adhère pas à leurs idées« .
Par ailleurs pour Pascal Brethes le PFG n’est pas un club communautariste, « Il y a des beurs, des noirs, des juifs, des homos, des hétéros, la sexualité n’est en aucun cas la critère de recrutement. L’important, c’est l’ouverture d’esprit« , dit-il.
Si je refusais de jouer contre une équipe de football composé de personnes de confessions juives ou musulmanes, sous prétexte que mes valeurs ne me l’autorisent pas.
Imaginez la réaction outrée de la France des valeurs affichées.
Or c’est bien ce qui de vient de se passer, sans que les réactions soient à la hauteur du mal que cet événement met en lumière.
On pourrait dire que ces gens ne sont pas tolérants. Ils devaient accepter la différence. Mais ce serait une lecture faussée de ce qui se joue dans cette affaire. Tolérer c’est ne pas pouvoir interdire, c’est laisser passer, faute de mieux. Ils sont prisonniers de leurs préjugés, à tel point qu’ils ne peuvent même pas s’en rendre compte (comme souvent).
J’attends du respect !
Je réponds à ces joueurs pleins de préjugés, que si on choisit une religion, on ne choisit pas son identité. Ils pourraient ne pas être musulmans, ils pourraient ne plus l’être. Commencer à refuser l’autre dans ce qui fait sa réalité c’est déjà un acte de violence, ordinaire, mais c’est la racine première de tout mal.
Annah Arendt nous a éclairé sur la nécessité d’interroger nos actes, nos pensées, afin d’éviter d’être l’instrument passif d’une idéologie qui nous dépasse. Faire le bien quand nous le pouvons et ne pas se contenter d’éviter le mal.
Je souhaite que ces personnes comprennent qu’au-delà d’une rencontre sportive, leur raisonnement compromet toute une société, et nous montre que l’éducation a encore du chemin à parcourir, pour que chacun soit respectueux de l’autre quand ses valeurs sont respectables.
Sous prétexte de tolérance, tout n’est pas tolérable, l’homophobie par exemple!
Car l’homosexualité n’est pas un vice, n’est pas une faute, n’est pas un mal, n’est pas un tort, n’est pas une déviance.
Je voudrais que ces personnes présentent des excuses, mais je voudrais surtout qu’elles réfléchissent leur comportement qui n’est que la cristallisation d’une gangrène sournoise.
La France est malade plus que jamais de ses valeurs.

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