Promise

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Promise, The Dining Rooms & Rodolph Burger

Tiré du 5ème album (fin 2007) du groupe milanais The Dining Rooms composé de Cesare Malfatti et Stefano Ghittoni, associé à Rodolph Burger (Kat Onoma), sa voix donnant à la musique imagée, noctambule et nyctalope du duo une dimension nouvelle, une chaleur humaine à la fois chaude et glaçante de désespoir.

Le texte de Promise est une illustration parfaite des propos de Merleau-Ponty quand il nous dit dans la Phénoménologie de la perception qu’une « parole importante, un bon livre imposent leur sens ». Les mots ici ne sont pas que des sons livrés à une oreille sourde et tirés d’une langue morte répertoriée. Les mots débordent de sens mais ne perdent pas l’essence de l’intention exprimée. Comment s’assurer que la pensée exportée rencontre la pensée exprimée ? Merleau-Ponty fait le lien entre les couleurs en peinture et les mots en langage, autant la couleur seule, isolée, n’exprime rien, autant le mot est trompeur, car il semble respirer d’un reste de vie (pratico-inerte) qui donne une illusion de sens. Or il y a des mots qui ne sont que des sons tant ils ont besoin de la pensée pour exister authentiquement.

Comme (c’est pour toi Sandrine) dans le poème de Saint-John Perse (tiré de Amers):

Tu es là, mon amour et je n’ai lieu qu’en toi. J’élèverai vers toi la source de mon être, et j’ouvrirai ma nuit de femme, plus claire que ta nuit d’homme ; et la grandeur de moi t’enseignera peut-être la grâce d’être aimé. Licence alors aux jeux du corps ! offrande, offrande, et faveur d’être ! la nuit t’ouvre une femme : son corps, ses havres, son rivage ; et sa nuit antérieure où gît toute mémoire. L’amour en fasse son repaire !

Les mots sont la condition nécessaire mais jamais suffisante de la pensée…

Pour en revenir à Rodolphe, sur la version française de l’album, il y a une version italienne (la Stanza) de la perle éternelle, de l’ovni (objet valant non identifiable) sensoriel qu’est la Chambre (in Far from the pictures 1993).

Dans ma chambre vous croqueriez une pomme petite vous tremperiez
Dans le thé des langues de chat
En silence
Et après le débat comme dit Casanova
Fronçant les sourcils vous diriez …

Promise 

Mon amour, tu as tué mon amour.
Notre interminable, tu l’as mis minable.
Tu semblais si noble et belle alitée, pouvais-je prévoir ta banalité?
Tu m’avais promis une coupe franche si le désir flanche.
Tu es la victime des serments sublimes que l’on fait dans les films.
Car tu as les yeux plus gros que le coeur et le coeur au bord des lèvres, tu mords.
Le prix des promesses baisse, baisse.
Le prix de l’amour, il court toujours.
Toi qui m’as promis franchise et clarté, tu as bien tu tes petits appétits.
Tu m’as fait le coup, bas, des coups de fil, de qui se défile en parlant tout bas.
Pourtant le mini, joli, vilainie, tant d’ignominie.
As-tu un permis?
Le prix des promesses, il est en baisse.
Le prix de l’amour, il court toujours.
Quand l’amant songe au mensonge amassé, il rit de ses hauts, le coeur cabossé, j’ai le coeur gelé.
Mauvaise, à vrai dire, la nausée je l’ai.
Trop pour te maudire.
Je te laisse aller.
Avec tes amis

Allez! je te laisse.


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3 réponses à « Promise »

  1. Avatar de Sandrine
    Sandrine

    Une nuance a apporter à Merleau Ponty. Le sens des mots, même d’un beau poème ne s’impose, mais comme tu le dis, les mots donnent à penser, ils demandent à être interprétés et l’interprétation n’est pas unique. Là gît tout le problème de l’art et de la poésie en particulier. Merci pour la dédidace ; il m’est arrivé de lire Saint John Perse dans un passé plus ou moins lointain !!

    PS : j’ai passé l’agreg interne cette semaine, texte de Descartes sur la matière et « la morale a-t-elle besoin d’un fondement? » ; une pure jouissance intellectuelle !

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  2. C’est vrai la poésie c’est la musique des mots et la littérature des mots mis en musique.
    L’agrégation c’est aussi réunir des éléments en un tout homogène, c’est vrai ment tout un programme ! Good Luck

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  3. J’entends plutôt:Quand l’amant songe au mensonge massé, il rit de ses hauts, le coeur cabossé

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