Gaston Bachelard, l’épistémologue français mort en 1962 a écrit un ouvrage (en 1940) dont l’essence se cristallise dans l’expression « la philosophie du non ». Même si l’expression renvoie au domaine de la science et de la connaissance, avec l’idée d’un savoir qui progresse en surmontant ses propres difficultés, le vrai est dans l’horizon du dépassement et pas dans la valorisation réactionnaire des idées reçues. L’opinion étant l’obstacle épistémologique par définition, croire penser et en fait être pensé.
Alain dans la même époque nous le disait aussi : « Penser, c’est dire non. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au contraire le réveil secoue la tête et dit non. Non à quoi ? Au monde, au tyran, au prêcheur ? »
En 2009, dans « Yes Man », Carl Allen (Jim Carrey) s’inscrit pour un programme de développement personnel basé sur un principe simple: dire oui à tout et n’importe quoi.
Le bonheur tient-il au fil du oui ou de la Wii attitude?
Faut-il penser que le oui est le mot magique pour ouvrir la caverne d’Ali Baba, vendeur de bonheur?
Dire oui à tout c’est dire non à soi-même. L’identité se sonstruit dans le refus de la facilité et de l’illusion du penser pour moi, du fait pour moi. Dire non c’est s’affirmer et c’est confirmer sa libre pensée. Dire non c’est choisir l’incertain, le dubitable, le dangereux, le fallacieux…
Refuser le destin d’une feuille morte et se chercher où on ne s’attend pas. Certains pensent à la vocation centifuge de la conscience avec raison. Il ne faut pas être un béni-oui-oui, un yes man, il faut se décider à chaque instant et s’inventer, non pas dans la contestation systématique, mais dans la définition rigoureuse de sa réalité. La liberté de pensée ce n’est pas la liberté d’accepter. Selon Paul Valéry : « seuls les sots et les huîtres adhèrent » ! A méditer…
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