Rama Yade et la défense politique des droits de l’Homme

 

Remarques sur les liens entre la politique et la morale.

Rama Yade  est secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères. Comme elle l’a dit dans une émission de radio (sur RTL) c’est Madame Rachida Dati qui s’occupe des droits des détenus dans le cadre de sa fonction de garde des Sceaux et de ministre de la Justice.

Elle a créé à travers la loi n°2007-1545 du 30 octobre 2007 le poste de Contrôleur général des lieux de privation de liberté.

Je m’étonne que dans son propos Rama Yade laisse entendre que son rôle dans la défense des droits de l’homme soit parfois parasitée par les manquements que l’on peut reprocher à la France dans sa politique des droits l’homme sur le territoire national. Pour aller plus loin : http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/agir/actions_en_cours/france

Pour mémoire, dernièrement, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France sur le fondement de l’article 2 de la CEDH (droit à la vie) , les autorités françaises n’ont pas respecté leur obligation de protéger le droit à la vie d’un détenu et l’article 3 (interdiction de traitements inhumaines et dégradants): le placement en cellule disciplinaire n’était pas approprié à ses troubles mentaux.

Elle nous dit que pour être crédible dans sa parole internationale, la France devrait être irréprochable sur son sol. Je ne comprends pas son raisonnement, car en effet les droits de l’homme sont à défendre sans arrière-pensée, sans calcul. Si nous nous devons de servir la cause de l’humain, ce n’est pas dans une optique d’efficacité, mais dans une lecture morale de respect de la dignité. Ainsi nous devons pas régler les problèmes d’injustice en France pour être cohérent dans notre rôle de donneur de leçon, de Patrie des droits de l’homme, nous le devons au regard de notre conscience, de notre exigence morale.

Fais ce que tu dois, advienne que pourra !

S’intéresser au sort des détenus français, c’est placer par volonté morale l’humanité au coeur des lieux de privation de liberté, ce n’est pas rendre plus cohérente ou audible la voix de la France à l’étranger.

En un mot cette anecdote d’une parole prononcée au détour d’une émission de divertissements sur RTL, nous montre que politique et morale ne font pas bon ménage.


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Une réponse à « Rama Yade et la défense politique des droits de l’Homme »

  1. en effet il semble que bien qu’impliquée serieusement dans sa mission, Rama Yade soit quelque peu depasse par l’ampleur de ses responsabilités.

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