Le devoir d’une philosophie de l’histoire
Paul Ricoeur dans Histoire, mémoire, oubli dès 2000 s’interroge sur les abus de la mémoire (titre de l’ouvrage de Todorov). Il ne faut pas qu’à la démarche historique on substitue un devoir de mémoire artificiel et sans épaisseur. Il dénonce « la captation de la parole muette des victimes », la commémoration ne serait qu’une façade qui masquerait la pauvreté de la réflexion historique individuelle et culturelle.
Todorov dès 1998 nous montrait que la victoire contre le fascisme d’hier ne devait pas occulter la nécessaire lutte contre le racisme ou la xénophobie d’aujourd’hui.
Faire parler les morts c’est surtout donner uns sens à l’histoire des nations, des hommes, de l’humanité. Le futur de se maîtrise pas, il s’anticipe, ne pas être surpris par les événements, disait Marx. Respecter les hommes qui se sont sacrifiés c’est se montrer dignes d’eux, et conséquemment c’est donner à l’humanité des chances de s’accomplir, de se réaliser!
Il n’y a pas à tirer des leçons de l’histoire, des enseignements, nous devons en tirer des renseignements pour éclairer notre avenir. La mémoire est l’outil de la liberté, elle n’est pas sa bonne conscience.
Les oubliés de la mémoire sont nombreux mais ils ne se conjuguent pas seulement au passé.
Le devoir de mémoire n’est donc pas tourné exclusivement vers le passé, il est inscrit dans le temps, ce dernier s’en nourrit alors pour s’offrir un avenir et non pas pour souffrir un passé.
Laisser un commentaire