Un petit commentaire sans prétention des deux titres que Noir Désir propose en téléchargement libre sur son site officiel. Je ne dirai presque rien de Gagnants perdants qui me semble en cohérence avec l’histoire du groupe, on y décèle quelques allusions politiques (les esclaves et les cons qui n’auront pas su dire non, Pimprenelle et Nicolas), (nous on garde un oeil éveillé) un appel à la vigilance politique (les chiens nous surveillent), quelques pointes d’humour et des clins d’oeil à des titres « classiques »( pour nos âmes c’est égal, la chair à spéculation…), un brin de résignation quand même (il faut pas se faire d’illusions). L’harmonica me fait penser un peu aux sombres héros de l’amer… il y a presque 20 ans ! Enfin une certaine rage dans la voix…
Le temps des cerises m’a davantage surpris !
Pourquoi ce choix pour renouer avec la chanson…
D’abord reprendre un texte écrit en 1866, qui a connu le sang et les larmes et qui joue sur la nostalgie… Le morceau en lui-même est assez réussi (un son saturé juste comme on l’aime, une signature rythmique réelle (comme sur A ton étoile), surtout si on a en tête la mélodie originale, très cucul la praline… même chantée par Georgette Lemaire qui le dédie à François Mitterrand…
La voix de Bertrand Cantat semble plus fragile, comme une introspection chantée, avec des fragilités sur certains moments clés. le final est un cri déchirant la nuit qui l’atteindra peut-être ?
Et puis selon moi consciemment ou pas des sentiments sur ce que Bertrand ressent au quotidien. Le merle moqueur pourrait évoquer ceux qui se réjouissent du malheur des autres. La folie en tête ? Ce coup de sang qui fait basculer dans le trop tard… Le temps du bonheur a été bien court, comment renouer avec ce qui a pour toujours sombré dans le néant ? La feuille couverte de sang… parle d’elle même. La peine à perpétuité pour celui qui aime malgré tout. la plaie ouverte d’une responsabilité qui ne cessera pas. la dame fortune serait plutôt une dame d’infortune, la seule qui pourrait lui pardonner et refermer la plaie ouverte qu’on ne peut soigner.
Quant à moi, c’est avec un réel plaisir que j’entends cette voix dont j’ai toujours été « fan ». Je ferai abstraction du débat, devait-il rechanter ? Il a osé ? Ce n’est pas notre problème, c’est le sien. Ils nous proposent deux titres, on peut donc les écouter et y réagir. Pour autant, pour l’instant la présence de Marie est indéniable !
Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête …
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur
Mais il est bien court le temps des cerises
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d’oreille …
Cerises d’amour aux robes pareilles
Tombant sur la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant
Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d’amour
Evitez les belles …
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai point sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi vos peines d’amour
J’aimerai toujours le temps des cerises
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte …
Et Dame Fortune, en m’étant offerte
Ne pourra jamais fermer ma douleur
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur
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