L’acier
Un texte écrit, il y a quelques années, pour témoigner de notre humanité partagée. Cette femme et son enfant, c’est chacun de nous. Ne pas faire le mal ne suffit pas. Il nous faut faire le bien toutes les fois où nous le pouvons.
L’original de cette photographie fait apparaître d’autres personnes (préparant leur mort) et des fusils derrière le soldat qui tire.
L’acier
C’est l’aube, elle porte son enfant contre elle, seule,
Sa peau sucrée de soleil est son linceul,
Elle pleure doucement, sans la réveiller,
Dans un instant l’acier les fera rêver.
L’instant s’éternise, le froid est insensible,
Elle n’implore pas, on n’écoute pas une cible.
Tendrement, elle regarde sa fille, son coeur,
Frêle morceau d’avenir, bercé de malheurs.
Enfin cesse l’attente, les cris sont muets,
La mort tue la peur, mais jamais les regrets,
Elle s’incline, la protège d’un dernier souffle,
Retient la vie dans ses mains une fois encore,
Mais leur ombre est plus vivante que leur corps,
Sur l’herbe rouge, leur bonheur s’est éteint.

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