Bel été d’éternité !

Je suis assis à côté de mon père, mort depuis 4 jours.
Est-il encore parmi nous ?
Je lui ai fait écouter ma mélodie au piano et ma lecture d’Emerson sur la forêt. Je sais qu’à plus de 600 kms de moi, Apolline est en communion avec nous et lui prépare un Totem de la terre.
Demain, il sera confié à cette terre , cette nature qu’il aimait tant.
On dit que les morts sont apaisés, c’est peut-être un cliché ou une façon de se rassurer. Mais je te trouve, Papa, serein.
Ce petit sourire qui faisait ton charme est toujours là. Mais ce n’est pas à nous, pas à moi, que tu souris. Je crois que c’est à ceux que tu as aimés et que tu retrouves, qu’il est destiné.
Je ne sais pas quoi te dire et tu sais maintenant tout, et plus encore.

Je vais te lire quelques poèmes d’ Anna de Noailles… sur les vivants et les morts, maintenant que tu es familier des deux.
Ainsi les jours légers, et qui te ressemblaient
Par la coloration chaleureuse des heures,
Ont de toi fait un mort, la nuit, dans ta demeure,
Et l’aube, lentement, a blanchi tes volets…


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