La nuit de la Saint-Jean

Ingrid Bergman 1934  Walpurgis

Elle, c’est Lena Bergström, elle est jeune, un peu naïve, mais surtout, elle est amoureuse en secret de son patron. Le cliché de la secrétaire qui s’entiche de son directeur, me direz-vous…

Alors pas vraiment ; l’épouse du bellâtre (Clary) est enceinte et cherche à se faire avorter sans que son mari, Johan Borg, le sache. Lui est désireux d’avoir des enfants, elle, ne veut pas se retrouver enfermée dans un corps de mère et dans une vie d’épouse.

Ajoutez que le père de Lena est assez traditionaliste, et que la Suède du moment (début des année 30) engage une politique nataliste, pour laquelle il prône l’amour, lui même est le veuf d’une femme toujours aimée, qui occupe ses soirées de solitude.

Lena veut démissionner pour échapper à ses sentiments qu’elle ne croit pas partagés et pourtant…

L’avortement de Clary est fait dans un contexte d’enquête policière sur les agissements à grande échelle d’un médecin peu scrupuleux, on fait chanter Clary, puis son mari. Des soupçons, un meurtre, un peu de ski, des ballades romantiques…

Ingrid Bergman est jeune dans ce film de Gustaf Edgren de 1934, elle n’a pas 20 ans dans cette nuit de la Saint-Jean, c’est le titre du film en français. En suédois ce serait , la nuit de Walpurgis, une fête païenne qui n’a rien avoir avec nos feux de la saint Jean. En Suède c’est la fête du printemps, dans la nuit du 30 avril.

Ingrid Bergman est ici une actrice débutante, et une femme en devenir, elle n’a pas encore tourné l’Intermezzo suédois de 1936 qui lui ouvrira les portes d’une carrière internationale avec une version américaine en 1939 source de sa magnifique carrière et de ses choix courageux de femme libre.

Ne cherchez pas dans ce film une réflexion sur l’avortement, ni sur le rôle du politique dans la courbe démographique d’un pays.

Vous passerez 75 minutes de bonheur simple avec une jeune femme qui s’éveille à la vie et comprend très vite que l’on peut se fier à son coeur avec des raisons.

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