Guitry/Pancol…la valse lente des concepts !

 »On peut faire baisser les yeux aux gens qui vous aiment, mais on ne peut pas faire baisser les yeux aux gens qui vous désirent ».

Cette phrase est intéressante, car elle nous dit l’essentiel du sentiment et du désir. Pourquoi baisser les yeux, par renoncement, par peur, pour ne pas se trahir? C’est donc que nous aimons avec notre cerveau, par la pensée, nous intellectualisons l’autre. C’est la définition de l’amour chez Spinoza, dans l’Ethique :  » l’amour c’est la joie qui accompagne l’idée d’une cause exterieure ».
L’amour c’est une idée…
Le désir ne baisse pas les yeux, car le désir c’est l’être tout entier, c’est le corps animé (au sens d’une âme interne), c’est la chair qui s’exprime. Comment baisser les yeux alors que l’autre nous est vital, nous est nécessaire, non pas pas comme un horizon ou une attente, mais comme de l’air qui nous manque, de l’eau qui se dérobe.
Le désir c’est un acte…

Qu’en pensez-vous?
C’est une phrase tirée de la « valse lente des tortues » de Katherine Pancol, elle-même prise chez Guitry.


3 réponses à « Guitry/Pancol…la valse lente des concepts ! »

  1. Oui assez d’accord avec cette définition sachant de plus qu’on peut donc aimer sans désirer et désirer sans aimer, ce que les femmes ont souvent un mal de chien à faire quand elles restent soumises…
    Mais tout de même, n’y a-t-il pas dans le désir une part d’imaginaire qui lui donne parfois un côté aussi concret qu’abstrait… car l’image, ce n’est qu’une représentation. Ne désirons-nous que ce que nous voyons ou ce que nous imaginons voir en l’autre?
    Bref, je m’embrouille un peu… mais vous saurez bien me dire quelque chose là dessus…

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  2. Avatar de Frederic A.
    Frederic A.

    La cristallisation, telle que Stendhal la définit, renvoie à cette idée d’une projection sur l’autre d’une perfection aveuglée par le sentiment ou l’émotion.
    C’est vrai que l’amour raisonnable sait voir la réalité de l’autre…
    Quant à l’idée d’une solitude de l’amour…on aime qui quand on aime ? Personne dit Proust, on aime sur un sourire, sur une épaule, qui suffisent à construire une personne, un personnage (le masque en latin).

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  3. Oui cette idée de Proust est belle et juste, mais si désespérante au fond…
    C’est ce qui a occasionné ma propre réflexion sur l’amour dans mon roman, Danser au bord des abîmes… où finalement, l’héroïne s’aperçoit qu’elle n’a aimé qu’un fantasme, qu’un rêve…. mais pourquoi pas après tout, car l’illusion parfois sait nous aider à vivre, à avancer, contrairement à ce que nous dit Platon…? Non?
    Tant de gens avancent en s’illusionnant et tant de gens se flinguent, aveuglés par la vérité…
    Je ne défends pas l’illusion en disant cela, je lui reconnais la force de combattre le désespoir.

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