Il faut que les consciences se réveillent…
Sans faire le lien nécessairement à une actualité qui nous tient en alerte, mais sans m’interdire de le faire, je tiens à raviver, à la faveur d’une lecture, le souvenir de la Rose Blanche de Munich.
Peu après leur mort, une inscription timide sur un mur munichois fut porteuse d’espoir;
« leur esprit survivra »
Hans en 1935 s’éveilla à sa conscience révoltée. Visitant une exposition d’art « décadent », il fit l’éloge de cette beauté méprisée, lui le lecteur de Zweig et de Mann. Dès 1937, il a affaire à la police politique du parti.
Peine perdue, car il se lance avec Christoph Probst dans un mouvement de résistance intellectuelle et morale aux idées nazies.
Le point de départ fut un tract écrit pour dénoncer l’euthanasie visant en allemagne, les malades mentaux. D’autres suivirent et d’autres personnes se retrouvèrent dans cette Rose blanche. Sophie décida de rejoindre son frère dès qu’elle eut vent de ses activités.
Le groupe prit une autre dimension quand le professeur d’université Kurt Huber, en juin 1942 apporta sa rigueur et sa réputation à la dynamique de résistance.
Hans et Christoph firent parti du service de santé des armées, et sur le front russe, ils purent éprouver la douleur et la folie destructrice que le nazisme semait dans ces terres de désolation. Ils virent aussi en Pologne le sort réservé aux juifs. C’est animé d’une force plus grande encore, que le mouvement de la Rose Blanche distribue des tracts de dénonciation.
Les derniers jours de Sophie et de ses amis se dessinent à la faveur d’une décision du Gauleiter (chef de région) Paul Giesler, qui précise que les jeunes femmes sous son autorité devraient avoir un enfant par an, afin de contribuer à l’effort national, si elles ne le faisaient pas volontairement, elles seraient « fécondées » par les sous-officiers du Gauleiter, en charge du cheptel humain réservoir de la puissance du Reich, nous sommes en février 1943.
Les Scholl décident donc de passer de l’ombre à la lumière, à la faveur de cet événement, ils impriment un tract demandant des élections libres et la fin du parti nazi. Huber voulait y inclure un soutien à l’armée, ce que les jeunes de la Rose Blanche refusèrent par pacifisme. Huber décida de quitter le mouvement, il sera exécuté en juillet après la mort des membres historiques de la Rose Blanche.
Car le 18 février, le frère et la soeur, de concert, investissent leur université et sèment leurs tracts, du haut du toit, ils toisent l’autorité, sûrs du destin qui les attend.
La Gestapo est informée par le concierge de l’université, ils sont arrêtés sans que les étudiants ne s’y opposent. Après trois jours d’interrogatoire; Hans et Sophie ne cachent rien et assument tout. Christoph aussi, ils sont tous les trois condamnés à la décapitation et exécutés l’après-midi du procès, ils avaient entre 22 et 25 ans, ils ont montré ce qu’est le « zivilcourage » et qu’il n’y a pas d’âge pour s ‘éveiller à son humanité. Leur famille fut emprisonnée ainsi que des membres de la Rose Blanche, dont certains furent exécutés.
Un film est sorti en 2005 en Allemagne pour saluer la mémoire de cette autre forme de résistance, sans prétention, ni violence, mais répondant aux élans du coeur.
Que leur mémoire soit honorée!

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