Presque trente ans après l’aventurier, les aventures de Nicolas nous conduisent aux frontières du réel, avec une inspiration qui unit le présent et le passé comme deux réalités si proches. Les lettres des Poilus de 14/18 font la substance d’une réflexion au présent. L’album s’écoute dans sa globalité, comme si chaque chanson préparait la suivante, il y a une réelle unité dans la construction mélodique, les transitions soignées alimentent une saisie dans la continuité. C’est selon moi un album plus serein, bien maîtrisé, il a une signature bien identifiable, faite d’aspects syncopés et d’échos discrets d’autres albums (comme sur Play Boy/3ème sexe). Il n’est pas moins rock que les précédents, il est certainement plus personnel. La présence d’un Nicolas Sirkis s’interrogeant sur le sens est indéniable. Si Little Dolls et les Aubes sont mortes ou Junior Song retiennent l’attention des auditeurs/fans, j’ai plutôt été sensible à la profondeur du Grand soir. On se souvient de la chanson des tranchées : « Ah tu l’auras ta croix, si c’est pas la croix de fer, ce sera la croix de bois » ! Le texte du Grand soir fonctionne en transition des bruits de bottes autour de cette idée. Le mort qui se souvient, la mort qui laisse penseur. Le temps est aboli, « il est tombé l’ancien enfant », il est tombe, il est mort. Le texte nous conduit à l’association de la perte qui échappe au temps en plongeant dans les ténèbres de l’éternité. La musique comme une rengaine se poursuit comme mécaniquement, c’est la perte des repères, « ici on ne sait pas quel jour on vit ». « Je viens du ciel » comme l’annonce d’une réincarnation, « un joli Noël« , avec pour suivre un Ange à notre table.
Merci d’exister encore !

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