» Je ne suis qu’un homme moyen, plus une exigence » Albert Camus
Réflexions pour une dissertation :
L’exigence morale interdit-elle la liberté ?
L’exigence morale n’est pas un simple appel (un souhait sans vigueur) mais elle ne doit pas pour autant être un rappel (à l’ordre). Dans le premier cas elle serait dérisoire et pathétique, elle n’engage en effet personne pas même moi, dans le second elle est une contrainte subie, non comprise (donc dépourvue de valeur morale), qu’à la moindre occasion l’on désavoue. C’est le sens que l’on donne à l’exigence qui détermine la valeur de notre liberté en actes.
Une morale exigeante est le contraire de l’exigence morale, elle fait de l’homme une mécanique d’obéissance, en puissance porte ouverte à tous les excès.
Si nous sommes esclaves de nos désirs à l’évidence nous ne sommes pas moraux sans pour autant être libres. Il s’agit se libérer de l’égoïsme sensible et de l’emprise d’autrui afin de s’affirmer authentiquement moral et libre. Du même coup cette liberté qui s’affirme dans un universel qui l’honore, nous lave de la responsabilité des conséquences et néantise l’angoisse sans régler cependant le problème de l’instant de la décision.
Faut-il comprendre que la liberté n’est pas contrainte par l’exigence morale, mais paradoxalement permise par elle ? L’hétéronomie du désir ou de l’éducation cède la place à l’oeuvre de la raison dans la perspective kantienne du «règne des fins », d’un monde moral digne de l’humain.
Plan possible
A) Si l’autre décide pour moi, il est ma liberté.
A’) Mais si ma morale est une contrainte, elle est ma servitude.
B) Donc seule une décision morale, expression de l’universel et la nécessité me révèle libre et me libère de la responsabilité des conséquences de mes actes.
Mise en situation
On pourrait utiliser la situation du père de Diderot, telle qu’elle est décrite dans son Entretien d’un père avec ses enfants. Devant le cas de conscience que lui pose la succession de l’héritage du curé de Thivet (près de Langes en Haute-Marne),celui-ci se réfugie dans la loi. Diderot lui reproche de ne pas avoir écouté son coeur. Kant dirait simplement « fais ce que tu dois, advienne que pourra »!
Pas de remords et pas de tergiversation, l’impératif moral n’est subordonné qu’à lui-même et soulage la liberté de l’errance coupable.
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