L’oubli comme un devoir !

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L’oubli est-il un acte libre ?

L’héroïne de Nathalie Rheims, l’amoureuse morte écrit qu’il est trop tard, que le temps a basculé,  « tour à tour magicien et fossoyeur ». Et si hier sur le pont des ruptures l’amour une fois de plus a perdu, il restera des instants uniques, précieux, une histoire au passé et si présente encore.

Deux êtres ont tourné la page, non pas de leur rencontre, mais de leur union, mais pourront-ils jamais la déchirer ?

Car ce qui a été, sera pour l’éternité, figé dans son existence passée, rien ne s’efface vraiment, tout perdure d’une façon ou d’une autre. Si l’effacement n’est pas possible, plutôt que manifestation, ne faut-il pas penser l’oubli comme condition de la liberté ?

Le passé doit être dépassé, pour nous (pour-soi) et par nous, si rien ne s’efface jamais tout peut s’oublier pour laisser place à demain. Mais le devoir de mémoire est aussi la dignité d’une conscience libre, tournée vers demain. Ainsi comme l’amoureuse morte nous ne nous perdrons pas dans le souvenir de l’amour qui emmure au-delà de la mort jusqu’à la fin des temps, sans oublier nous nous pardonnerons, non pas pour nous montrer libres, mais pour nous montrer dignes

Nous l’avons vu, tout demeure dans l’éternité figée de ce qui a été. Si nous perdons le souvenir, nous nous perdons aussi.

Pour l’amoureuse morte lorsque ses « yeux clos à jamais ne seront que poussière », ils emporteront dans l’au-delà les plus beaux jours avec l’autre.

La mémoire ne nous appartient pas, elle nous colle à la peau, elle est le reflet tremblant de notre histoire. Mais l’oubli, lui, est notre gloire quand il libère l’espoir. Se montrer libre c’est affronter le présent, libéré du passé.

L’ultime délivrance ne vient pas de la mort, mais de la volonté d’oublier, de ne plus donner d’importance à ce qui nous manque tant.

L’unique délivrance vraie passe par l’oubli, non pas simplement acte de liberté, mais comme sa condition même !


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