Le bonheur n’est pas fait pour durer…
Il ne peut durer seul, il est à la discrétion de celui qui l’engage. Comme en musique le point d’orgue permet de prolonger la note ou le silence qu’il domine suivant le volonté du musicien. Est-ce à dire que le bonheur ne tient qu’à nous ?
Il est un point d’orgue ! Il n’est pas un « bien de consommation », il n’est pas un élément culturel. Il est à construire tous les jours à chaque instant dans le rapport à autrui et dans la maîtrise de soi.
Le bonheur est dans la constance à vouloir l’être ( heureux !)
Notez qu’il est facile d’être malheureux comme le dit Alain (dans Propos sur le bonheur en 1928) en jetant « sur toutes choses la couleur de l’ennui ». Il faut avoir la force d’être heureux, « il faut vouloir son bonheur et le faire ».
D’un point de vue moral, le bonheur serait davantage un devoir envers soi qu’envers les autres.
Dans la tragédie d’Orphée et d’Eurydice, on se souviendra que deviner, être certain de la présence de son épouse aurait dû suffire à Orphée…Il la retrouvait au bout de la mort, il a traversé l’enfer pour elle, mais son son bonheur trop matérialiste s’est détruit dans le regard qu’il a posé sur elle. Aux portes du jour, il se retourna et vit Eurydice pour la dernière fois, elle retombe dans le néant et cette fois à jamais.
Il faut donc penser qu’aimer suffise à notre bonheur, même si l’amour n’est pas rendu en retour.
Enfin si l’objet du désir n’est que transitoire, il faut aussi accepter le bonheur comme un éphémère qu’on se doit de saisir même s’il ne nous appartient jamais réellement. Le fréquenter plus que le tenir…
La chasse au bonheur, plutôt chasser l’idée du bonheur.
Schopenhauer nous permet de penser le désir « comme l’aumône qu’on jette à un mendiant: elle lui sauve la vie aujourd’hui pour prolonger sa misère jusqu’à demain. ». Etre heureux aujourd’hui, mais demain ? Alors heureux de mes mains ?
Si le bonheur nous reste étranger…il nous reste la moralité! Etre digne d’être heureux (Kant) n’est-ce pas suffisant ?

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